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July 5, 2008



In french only

inq fleurs ont poussé dans mon jardin, cinq fleurs de lys belles et fortes, filles de cette terre d'espérance. C'est pour elles et par elles que j'ai découvert l'importance de tout le patrimoine de ce peuple qui est le mien et que je m'efforce d'en préserver la mémoire, par des écrits, mais surtout par des tableaux qui chantent la beauté de ces objets du quotidien qui ont émaillé ces siècles de survie.

Seule sur ce chemin, j'ai fini par y rencontrer des gens qui partagent cet amour pour notre passé de lutte et de survivance; galeristes, antiquaires et finalement écrivain et éditeur qui me permettent aujourd'hui d'ajouter une autre pierre à l'édifice fragile de cette culture pour laquelle tant d'autres se sont battus.

Ensemble nous avons voulu retrouver, sous une lumière nouvelle, l'oeuvre commencée par Louis Fréchette, Octave Crémazie, Honoré Beaugrand et tous ceux-là pour qui la mémoire de tout un peuple constituait un héritage inestimable qu'il fallait préserver.

Le feu autour duquel nous nous assoirons pour vous raconter ces légendes, c'est celui qui m'habite, feu du coeur et de l'imagination. Il aura trouvé, dans ces mythes séculaires, la matière primordiale contenue dans ce monde imaginaire et coloré pour animer la toile, pour faire jaillir des couleurs et des pinceaux à la mémoire collective d'un peuple qui se refuse à mourir.

Ce feu a pris naissance le jour où, agée de cinq ans à peine, j'observais mon père, par ailleurs sculpteur de talent, s'essayant à la peinture à l'huile. Ce jour là, j'ai décidé que je serais peintre et malgré tous les obstacles, en dépit de tous les prophètes de malheur, j'ai tenu bon. Chemin de misère et de splendeur, où l'on découvre l'aveuglement du monde, chemin des éternels enfants, qui refusent obstinément de laisser le temps, l'âge et la vie éroder leur conscience.

Et ça marche, puisque le monde et la vie, à travers les yeux d'un artiste, restent intimement liés dans une éternelle mouvance, sans vrai début, sans vraie fin, tels les eaux de ce grand fleuve auprès duquel nous cheminons.

Plus de trente dures années à m'entêter à gagner ma vie grâce au métier que j'aime et que je connais le mieux m'ont permis d'exprimer toute la verve, la naïveté et le charme que déployaient les conteurs d'antan, dans les tableaux qui illustrent ces légendes. Plus de trente années à mûrir ce projet, confinée entre l'atelier et la famille, entre les pinceaux et les chaudrons. Mais ce qui germe à l'ombre de l'espoir finit toujours par trouver un chemin vers la lumière et la liberté.


Françoise Pascals

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